19.02.2007

Le compas

69d1b5673bffbac33bf63926a0276672.jpgL'origine du compas reste légendaire au point que les Grecs l'attribuaient à Talaüs (neveu de Dédale). Ce n'est qu'au Moyen-âge où son usage se répand et que l'instrument se développe. Il existe en effet de multiples sortes de compas : le compas à pointe sèche, le compas de charnière, le compas d'épaisseur, le "maître à danser", le compas Libergier et, sans oublier, les compas de navigations (magnétique et gyroscopique). Le terme de compas ne désigne pas un instrument en soi mais un principe géométrique dont l'étymologie latine de compassare signifie "mesurer au pas".

La symbolique du compas se retrouve dans ce principe géométrique originel. Plus encore, le compas est au centre (sans jeu de mot) de la géométrie euclidienne. Il permet de tracer des cercles et de trouver les angles. Ainsi, le compas est l'outil de la mesure, des justes proportions, de l'évaluation. Pour un maçon opératif,  il implique la prospective et l'étude de l'environnement. Le franc-maçon y verra naturellement son tenant symbolique et individuel. En mesurant les angles de son esprit, il essaye de les ajuster.

Le compas, s'il est un outil, est également un instrument. L'instrument d'architecture favorise la création, la constante évolution de l'esprit et sa réalisation inhérente. En traçant un cercle, on forme un microcosme appartenant dores et déjà à un macrocosme qu'est la terre. Au-delà de la réalité physique, la majorité des civilisations conçoivent le monde dans une sphère. Lorsque l'on relie le microcosme que forme l'instrument au macrocosme qu'il suppose, le concept de Grand Architecte de l'Univers affirme cette dimension cosmique. Il est le "circulaire" ou l'ordre du monde selon les cycles du temps (les saison) et l'espace (la terre). Par apologie - et dans une perspective cosmogonique -, c'est le cycle de la vie.   

Par l'oeuvre et par nature, le symbole du compas tend à améliorer l'homme. Il rectifie ses angles (donc ses perspectives "profanes") et bâtit son esprit en-et-au-delà du monde. De fait, il achemine l'homme vers la transcendance mais lui impose également l'ouvrage terrestre. En prêtant serment, le profane met la pointe du compas contre son coeur. Il affirme symboliquement et matériellement ce défi singulier de la franc-maçonnerie. Le coeur étant la figure de l'émotion et de la fidélité, il  impose à son esprit la maîtrise de ses passions et l'idéal de parfaire ses sentiments. Par fidélité, il engage sa conscience à respecter indéfiniment le secret maçonnique.

Evidemment, cette étude symbolique me pousse à parler de son association avec l'équerre mais ce sera là l'objet d'une étude.

Pour poursuivre l'étude :