17.07.2007

Les druzes

566f05db813d74886de6e6346b805e77.jpg 

Toutes les religions du livre ont invariablement étaient dissociées dans leur histoire entre une tendance littéraliste et une tendance gnostique. Si certaines d'entre elles - comme le judaïsme - ont assimilé la gnose après des siècles de tension. D'autres - à l'instar du catholicisme - l'ont rejetée. Que dire de la démarche initiatique qui, d'une manière ou d'une autre, s'est vue vulgarisée par l'institution ou annihilée par le temps et la répression.  N'en déplaise aux mécanismes mentaux et à la logique implacable des adeptes de la chronologie, l'histoire ne se répète pas car l'on ne serait réduire l'homme à des exceptions et à des généralités. Toutefois, demeure une singularité historique et anthropologique au Proche-Orient, dans ce pays fragmenté et sans frontière où vivent les Druzes.

1. Qui sont les Druzes ?

Les Druzes apparaissent dans l'Histoire au XIe siècle comme une population adhérant à une hétérodoxie de l'ismaélisme. Or, il serait bien réducteur de leur attribuer un certificat de naissance à cette époque. A vrai dire, on ignore encore d'où ils viennent et comment une communauté visiblement homogène adopta unanimement la même foi. Toutes les théories ont été émises au propos de cette population. Certains voudraient qu'ils soient descendants de croisés, qu'ils appartiennent à une ethnie de l'antiquité lointaine. On a même murmuré qu'il s'agissait de juifs islamisés réfutant l'orthodoxie et pratiquant leur culte en secret. Les fantasmes se sont déchaînés et se perpétuent encore. Si une étude génétique récente (2004) ferait d'eux un peuple indo-européen passivement assimilé par l'histoire, il est certain que les migrations  et les mélanges de populations caucasiens, turco-mongoles et indo-européenne depuis la nuit des temps complexifient la preuve par l'ADN. Socialement, une certitude existe : lorsque l'on parle des Druzes, on fait référence à une communauté montagnarde. Ceci expliquerait peut-être cela.

2. La religion des Druzes

f6e8ae223464dc39da176a144c56c37e.pngOn parle de Duruz en arabe par référence à Muhammad bin Ismael Nashtakin ad-Darazi, prêcheur ismaélien d'origine turc et fondateur de ce mouvement. Malheureusement - et quoi que le personnage d'ad-Darazi nous soit connu -, nous ne possédons que peu des sources fiables sur les Druzes tant leur religion se réserve à une partie infime d'initiés (les ouqal). A lire le Livre des témoignages et des mystères de l'Unité, le Coran serait alors bicéphale : exotérique d'un côté et ésotérique de l'autre. La sharia'h est une simple question d'interprétation dans cette logique et seul un nombre restreint serait à même de comprendre la religion. C'est pourquoi reste-t-elle secrète et profondément initiatique.

Tout comme les chiites, les Druzes croient qu'il existe un imam caché et cet imam ne serait autre que le calife fatimide al-Hakim (985-1021)  qui viendra de l'au-delà les guider. Qu'importe évidemment son enveloppe terrestre, il fut d'Adam jusqu'à Mohammed l'esprit de Dieu qui, au jour du jugement dernier, triera les croyants de la masse des impies. L'essentiel de la spiritualité des Druzes s'appuyant sur la métempsychose et les multiples émanations de Dieu, elle lui donne une teinte panthéiste (quoi que ce serait simplifier ce qui ne l'est pas). De cette philosophie, ils réprouvent la sharia'h même si leurs propres lois peuvent être profondément ostracistes. Toute la souplesse de leur foi consiste en une large acceptation de ce qu'est un prophète considérant Pythagore ou même Akhenaton comme des messagers de la sagesse divine - ou Dieu lui-même qui donne la sagesse, un djahhal (ignorant) ne peut  de tout façon pas savoir. L'emblème de cette communauté, l'étoile d'Orient à cinq couleurs, représente justement les cinq émanations du divin : le vert pour l'intelligence, le rouge pour l'âme, le jaune pour le mot, son précédent est bleu et quant au blanc, il est l'immanence.

Quant à l'initiation druze en elle-même, seul un ouqal sait en quoi elle consiste exactement. On a dit les chevaliers francs initiés au "grand mystère" et que la franc-maçonnerie - en syncrétisme des traditions initiatiques d'orient et d'occident - aurait certaines ressemblances mais je ne m'aventurerai pas plus loin que la rumeur. Il s'avère néanmoins qu'il y ait une hiérarchie dans l'approche au sacré. Trois ordres émailleraient la vie d'un Druze. Selon le premier ordre, il devrait suivre la sharia'h (version druze, évidemment) par laquelle l'homme s'adresse à Dieu. Dans un deuxième temps, le croyant est amené à comprendre les voix prophétiques (donc la Vérité). Dans le troisième et dernier temps, il reçoit la gnose afin d'entreprendre sa quête visant à comprendre l'unité avec l'Unique.

Conclusion

La religion des Druzes est probablement la meilleure synthèse entre le platonisme (et une certaine forme de gnosticisme) avec l'islam. Loin d'être figée dans le temps, elle a été influencée par le soufisme et un bon nombre de philosophies qui lui sont étrangères à l'origine. Si les Druzes ont tendance à se replier sur eux-mêmes, ceci prouve qu'une certaine forme de tolérance envers l'étranger illustre cette communauté dans un Proche-Orient à feu et à sang.

Quant aux similarités avec la franc-maçonnerie, s'il existe une séparation très nette entre profane et sacré, des influences similaires et probablement un fragment de spiritualité partagé, je ne saurai affirmer si l'un est au balbutiement de l'autre comme le suggère la légende levantine.

Illustrations :
Fig 1. Un initié ou ouqal en tenue traditionnelle.
Fig 2. L'étoile druze.

Pour poursuivre l'étude :

29.05.2007

La démarche initiatique

45158e1ae41ba559f7994b33d1942165.jpg

Plutôt que d'emmurer mon propos à la seule dimension du temple maçonnique, j'ai voulu élargir ma réflexion à cette démarche qui conduit un individu vers une démarche initiatique. Sans prévaloir d'une quelconque obédience, doctrine, spiritualité, il s'avère que la démarche initiatique emprunte une voie quasi-similaire quant aux personnes qui l'empruntent. Ma réflexion a pour but de donner des éléments de réponses sur cette curiosité qui amène une personne socialement bien intégrée, parfois à l'abri de tous besoins ou au-delà de ses besoins imminents à rentrer dans une société initiatique. Plutôt que de parler d'un "essais" (je n'en ai pas la prétention ou pas encore le courage), je vous délivre là mes quelques observations.

La démarche initiatique n'a strictement rien à voir avec la foi ou la croyance. On dirait communément que c'est un processus d'éveil, je lui préfère un langage plus conceptuel en affirmant qu'elle est la réalisation de l'étant (ce qui est en soi) vers l'Etre (ce qui est au-delà de soi). Plus qu'une recherche de la gnose ou une approche du réel, elle tend vers un Absolu. La connaissance, en effet, est reléguée en une dimension secondaire car elle ne peut être que le savoir de l'étant (c'est-à-dire une connaissance dans l'espace et dans le temps) et non un savoir empirique qui dépasse l'ère de l'expérience. En cela, la gnose métamorphose le cadre initial du profane vers celui du sacré sans pour autant le concevoir. En recevant la connaissance, l'initié devient un être duel, contradictoire car il demeure profane parce qu'étant et sacré pour s'apprécier dans l'Etre. Ainsi, l'initié ne le sera jamais vraiment tant il se borne à la gnose (car, j'insiste, celle-ci n'est pas empirique).

f354678e9532117d6e452f7587dfc687.jpgDe ce fait, la démarche initiatique s'achemine comme la conciliation de ce-que-je-suis-en-soi et de ce-qui-j'aspire-à-être d'où le pourquoi elle ne cesse jamais et qu'une grande majorité des sociétés initiatiques ont a un système graduel d'initiation. Si la gnose n'est pas Etre, elle permet néanmoins de se percevoir en elle et vis-à-vis du profane, donc en soi. La phrase de Socrate : "Connais-toi toi-même et tu connaîteras l'univers et les dieux", résume fort bien l'ambition de la démarche initiatique et des "moyens" qui y sont consacrés. La franc-maçonnique emprunte la voie du symbolisme, les kabbalistes prennent celle de l'herméneutique, les sociétés issues de la rose-croix s'enquièrent de l'ésotérisme, le bouddhisme s'appuie sur la méditation et la grande majorité des confréries soufistes font la synthèse de tous ces "outils" spirituels. Si je limite mon propos à des stéréotypes concernant ces diverses traditions qui demanderaient chacune une étude plus détaillés, elles sont toutes teinter par le système de Plotin qui réaffirme le propos de Socrate précédemment cité.

Pour conclure, la démarche initiatique est vraisemblablement une quête spirituelle mais non une spiritualité en soi. D'où l'incompréhension des religions envers les sociétés initiatiques. Car les religions pourvoient à un salut en conséquence au respect des dogmes, elles méprisent souvent la voie spirituelle tout en la détenant. Dans une étude précédente intitulée sobrement L'initiation (et dont je fais - par ces quelques observations - que de compléter mon propos), je vous donnais l'étymologie suivante du verbe "Initier" : "[il] provient étymologiquement du verbe  latin initiare, c'est-à-dire commencer." Tout est dis et pour ma part je ne cesserai jamais de m'interroger sur ma propre démarche.

Illustrations :
Fig.1 "Création" (Dessins pour la Bible) par Marc Chagall, 1960
Fig.2 Buste de Poltin

Pour poursuivre l'étude :

12.04.2007

Le culte de Mithra

 86bed3754c22b05e3bbd858ac8cbc4fb.jpg

Trop longtemps dans l'histoire, on a minoré l'importance du culte de Mithra et son apport dans la société occidentale. Certaines thèses avanceraient même qu'il inspira bien plus la franc-maçonnerie que le christianisme l'ait pu faire. Les mythes fondateurs sont ce qu'ils sont, ce culte reste néanmoins intéressant tant dans sa spiritualité que par sa concurrence historique avec le christianisme.

Le dieu Mithra est d'origine iranienne, voir même indienne car présent dans le védisme comme dieu de la lumière. Il est également une des figures mineures d'Ahura Mazda (les yazatas dans le zoroastrisme).  Son culte fut importé en occident par les soldats romains et des esclaves originaires d'Asie, étant certainement initiés à une forme hérétique du mazdéisme d'alors. On peut également supposé que le mithraïsme qui nous est décrit revient tout simplement à une pratique gréco-romaine "d'adoption" d'une déité  (comme il en fût pour Bacchus ou Iris) avec l'institution d'une école mystique qui tend à l'hénothéisme. Mais quittons ces hypothèses pour revenir à la réalité historique. En effet, selon Plutarque, le mithraïsme aurait été introduit en Italie au Ier siècle av. J.C et commence son expansion au sein de l'empire Romain. Très vite, cette religion devient concurrente du christianisme et deviendra religion officielle de l'empire en 274 dans sa forme latinisée et syncrétique du Sol Invictus pour devenir un siècle plus tard illégale avec l'institutionnalisation du christianisme en religion d'Etat.

Les mystères de Mithra n'ont pas grand chose à voir avec le christianisme au point de vue spirituel et mystique. 
Le mithraïsme se base essentiellement sur des symboles et interprétations du combat de Mithra contre le taureau primordial. Par celui-ci, il libéra les âmes dans le monde et engendra les cycles de la vie. Le symbole du corbeau,  messager du dieu soleil qui demande à Mithra de sacrifier le taureau, nous démontre que le mithraïsme est une forme hénothéisme oriental. Il s'appuie sur la conscience et la révélation des mystères de la vie qui font de Mithra un dieu de "lumière".
Plutôt que comparer le christianisme et le mithraïsme dans leurs spiritualités, il existe des similarités qui sont, elles, cultuelles. En effet, Mithra naît un 25 décembre (date du solstice), les cultes ont lieu le dimanche (jour du soleil), la représentation iconographie du "bon pasteur" est partagé par le christianisme et le mithraïsme. Plus inquiétant encore, l'eucharistie chrétienne avec le vin et le pain est pratiquée par les adeptes de Mithra. Tout indique, historiquement, que le mithraïsme influença le christianisme sur ces points.

L'aspect le plus intéressant du mithraïsme est certainement le caractère initiatique sur lequel le culte s'appuie. Les disciples se réunissaient dans des mithraea (cavités naturelles aménagées) où la pratique rituelle s'amorçait sur une initiation graduelle. Ainsi le nouvel initié se voyait octroyé le grade de corax et suivaient :

  • le nymphus,
  • le miles,
  • le leo,
  • le perses,
  • l'heliodromus ;
  • le pater.

Chaque degré était représenté par un masque distinctif et des symboles respectifs. A chaque passage d'un degré à un autre, une part de la gnose était révélée à l'initié qui subissait épreuves et voyages pour la mériter. Au premier degré, l'initié était baptisé par le sang d'un taureau, puis par l'eau pure et, enfin, enduit de miel. On pratiquait à des degrés divers les voyages du "chaud", du "froid", des jeûnes, etc... La liturgie était basée sur un rituel de forme et en langue grecque (déjà en usage dans la religion romaine) et empruntait autant des formules persanes qu'une vocalisation latine. On concluait évidemment le culte par des agapes frugales et fraternelles selon le terme même des initiés.

Il est probable que le mithraïsme aurait pu s'imposer comme la religion de l'antiquité et survivre à sa rivalité avec le christianisme. Pourtant, son tord fut l'association croissante de Mithra avec la quasi-totalité des panthéons nationaux. Egalement, son exclusivité masculine à l'initiation le desservit auprès des femmes et - plus encore - chez les épouses que le christianisme ne repoussaient pas.
Quoi qu'il en soit, le culte des mystères de Mithra pose à la société occidentale de nombreuses questions. Sur le christianisme d'abord, sur la spiritualité des sociétés païennes ensuite, sur une "mondialisation des religions" qui paraît véritable dès cette époque et, ensuite, sur ces écoles de mystères qui firent couler quantité d'encre dans les siècles qui nous précèdent.

Illustration :
Mithra sacrifiant le taureau (Musée du Louvre)

 

Pour poursuivre l'étude :

23.03.2007

Ordo Templi Orientalis (OTO)

Après les quelques critiques que j'ai reçu concernant mon article sur l'AMORC (anonymes et non-signées évidemment), j'ai désiré donner la parole aux canaux représentatifs des organisations sur lesquelles, à l'avenir, j'écrirai. Ainsi cet article, premier du genre, sera décomposé en deux parties : la première est une étude alors que l'autre accorde la parole à un membre de l'Ordre que j'ai interviewé.

L'O.T.O :

3170aa18848dc67bee28c255c63a7f6f.gifL'Ordo Templi Orientalis (ou Ordre des Templiers Orientaux) fut fondé par Karl Kellner (également franc-maçon) à la fin du XIXe siècle. Son successeur, Theodor Reuss, s'illustra à la tête de l'Ordre en obtenant des juridictions maçonniques des patentes afin d'exercer au sein de l'ordre le Rite Memphis-Misraïm et même le Rite Swedenborgien au début du XXe siècle. Jusqu'alors, la proximité de l'Ordre avec la franc-maçonnerie est réelle et les liaisons étroites. C'est avec "la prise" de l'Ordre par le subversif Aleister Crowley, que le Thelema fut introduit. En effet, ce dernier influença l'Ordre en lui fournissant cette doctrine dès 1914. Difficile de définir où l'occultiste piocha pour concrétiser son "Livre de la Loi", cet ouvrage mêlant un panthéon de divinités fantaisistes d'inspiration égyptienne, de principes bouddhistes et "magie" selon l'interprétation de son auteur. Crowley, toujours lui, rattacha également l'Ecclesia Gnostica Catholica (Eglise Gnostique Catholique) à l'Ordre, faisant de ce dernier bien plus qu'un ordre initiatique sur le plan formel et spirituel. D'ailleurs, en 1918, les rituels de l'Ordre font disparaître toute allusion à la franc-maçonnerie.

Interview :

Afin de réaliser cette interview, j'ai pris contacté avec un membre de l'OTO, déclaré comme tel, qui a choisi pour pseudonyme Frater Solidius. Mes questions sont en gras dans le texte et ses réponses sont en italique. Je n'ai nullement déformé ses propos (mis à part quelques corrections graphiques et stylistiques) et je remercie mon interlocuteur pour s'être volontiers prêté au jeu de l'interview et m'avoir fourni des réponses développées et argumentées.

Qu'est-ce qui vous a amené à devenir membre de l'OTO ?

J'ai entamé une démarche Initiatique et Spirituelle il y a déjà bon nombre d'années. Je me suis principalement intéressé à la Franc-maçonnerie et à ses Rites. Peu à peu, je me suis tourné vers les Ordres beaucoup moins connus, tels que les Elus Cohen, par exemple, j'ai ensuite, au fil de mes "voyages" découvert l'OTO, dont les origines sont purement maçonniques, même si l'Ordre ne peut plus être associé à la Maçonnerie de nos jours.
J'ai longtemps dû chercher avant de trouver une branche de l'OTO à ma portée, en ce sens que la plupart réclament des frais de capitations exorbitants.
C'est de par mes correspondances avec un Frère des U.S.A que j'ai été mis en contact avec une Loge qui s'était détachée de la Grande Loge américaine et qui désirait être le coeur d'une nouvelle branche internationale. Au départ, je m'y suis affilié parce que le cursus semblait valable, et qu'aucune capitation n'était réclamée...Mais cette Loge cherchait avant tout des personnes pour instaurer des Loges de l'organisation en divers pays.

Quelle est votre position au sein de l'Ordre ?
Il faut savoir que dans l'OTO, c'est comme dans la Maçonnerie, il existe plusieurs organisations qui ne se reconnaissent pas forcément les unes les autres. Je suis membre d'une branche internationale et indépendante, j'ai le degré VI°, et suis officiellement le représentant de cette branche pour les pays et régions de langue française. Cela dit, vu que l'organisation à laquelle j'appartiens est proche du "sommeil", j'avoue que je n'ai pas grand chose à faire. Je ne dispose pas pour l'instant d'assez de matériel pour fonder une nouvelle Loge.

OTO signifie "Ordre du Temple de l'Est" ou "Ordre des Templiers Orientaux", la dimension chrétienne étant, faut-il être chrétien pour y appartenir ?
Absolument pas, cela dit, il est évident que seules des personnes ouvertes à une certaine Spiritualité trouvent leur place parmi nous. Je verrais plutôt mal un athée "pur et dur" adhérer à notre Ordre.

Et que dire de l'Eglise Gnostique Catholique ?
Les relations entre l'EGC et l'OTO ne concernent que certaines branches de l'Ordre. Celle à laquelle j'appartiens n'a aucune relation avec cette Eglise, donc, je ne la connais pas vraiment. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il semble que l'EGC pratique une Gnose "révisée" par Aleister Crowley...

Mais revenons à l'OTO en lui-même, que reste-t-il de son rapport "originel" à la franc-maçonnerie ?
Theodor Reuss (co-fondateur de l'OTO) a reçu des Patentes tout à fait régulières pour le Rite de Memphis-Misraïm de la part de John Yarker [Note : Grand-Maître Général du Rite du Rite Ancien et Primitif Memphis-Misraïm en Angleterre]. Reuss, alors Grand Maître International de Memphis-Misraïm, a intégré ce Rite a celui de l'OTO. De ce fait, certains grades de l'OTO sont purement maçonniques, mais comme l'OTO ne pratique pas les trois degrés symboliques (bien qu'ils soient intégrés dans une forme différente dans le Rite de l'OTO), l'Ordre ne peut prétendre à une quelconque reconnaissance maçonnique. Je sais toutefois que la branche espagnole de l'OTO entretient toujours des bons rapports avec une Grande Loge de Memphis-Misraïm également en activité en Espagne. C'est un des seuls pays où je sais qu'il y a toujours des relations "officielles" entre l'OTO et la Franc-maçonnerie. Il faut cependant préciser que cette Grande Loge, ainsi que la branche espagnole de l'OTO ont des hauts dignitaires communs, ce qui facilite les choses...

Et à la rose-croix ?
Theodor Reuss a surtout prétendu que l'OTO était la manifestation d'un très ancien Ordre Rosicrucien lorsqu'il a voulu coopérer avec Harvey Spencer Lewis, 1er Imperator de l'AMORC (Ancien et Mystique Ordre de la Rose+Croix)...Hormis le grade de "Souverain Prince Rose+Croix", transmis par l'OTO, mais qui est surtout un degré maçonnique, je ne vois guère d'autres rapprochements entre l'OTO et la Rose+Croix...Du moins, dans l'organisation à laquelle j'appartiens !

Comment définissez-vous la spiritualité propre à l'OTO ?
La réponse à cette question est complexe, car elle va différer à coup sûr d'un membre à l'autre...Je ne peux donc ici qu'exprimer mon point de vue ;
La Spiritualité de l'OTO n'est pas dogmatique. C'est en ce sens qu'elle est "compatible" avec un large ensemble de croyances et de convictions. En effet, il ne faudrait pas penser que l'OTO est une religion. Je dirais que le système Initiatique de l'OTO, à l'instar de beaucoup d'autres, permet à l'individu de s'engager sur une voie Spirituelle sans pour autant passer par une foi "aveugle"...L'Initié est toujours incité à se remettre en question, à méditer, et, quelque part, à former sa propre conception de la Spiritualité.
L'OTO offre un large éventail de Connaissances, d'Expériences et de Techniques Spirituelles. A partir de là, le syncrétisme est réalisable, et le membre choisit ce qu'il lui convient, selon ses valeurs et ses convictions. C'est d'ailleurs un des aspects, qui à mon sens, constitue l'authenticité d'un Ordre Initiatique...Les Frères et les Soeurs s'enrichissent mutuellement par leurs différences.

 

Existe-t-il d'ailleurs une présence de l'OTO en France ?
Il y eut une branche française très active jusqu'à la fin des années 90....C'est par ailleurs le classement en tant que secte qui a largement contribué à sa mise en sommeil....Comme je l'ai dit plus haut, j'ai été acteur d'une tentative visant à fonder une nouvelle branche, mais le projet fût finalement bien vite étouffé dans l'oeuf, vu que la "Loge mère", située aux U.S.A, n'a pas su nous fournir les documents et la guidance nécessaires. Aujourd'hui, il existe en Belgique et France quelques groupes privés ou Loges "sauvages" et qui n'entretiennent guère de rapports avec les uns et les autres et au sein desquels on trouve "à boire et à manger". Il faut être très prudent vis-à-vis de certains de ces groupes.
Etant donné que bon nombre d'organisations proposent également un cursus par correspondance, on retrouve aussi quelques étudiants "isolés" clairsemés un peu partout en France et en Belgique.

Comment réagissez-vous à son classement en tant que secte par le rapport parlementaire ?
Soyons honnêtes ; ce classement était pleinement justifié, mais il faut toutefois savoir que les dérives qui ont déchiré la branche française n'étaient pas le souhait de ses dignitaires, c'est pour cela que ces derniers ont préféré mettre la branche en sommeil. En effet, certaines Loges étaient infiltrées par l'extrême droite, d'autres par des personnes dangereuses se voulant satanistes (on en retrouve beaucoup dans l'OTO), d'autres encore ont connu des dérives sexuelles.
Le seul problème est que, lorsque le gouvernement classe un Ordre Initiatique en tant que secte, il met "tout le monde dans le même panier" et donne ainsi mauvaise publicité à l'Ordre tout entier ! Par exemple, quand l'AMORC s'est retrouvé dans le rapport parlementaire, toutes les organisations Rosicruciennes, même les plus sincères, ont souffert (et souffrent toujours) d'une très mauvaise publicité !

Concluons sur note plus personnelle, que souhaitez-vous pour l'OTO pour ce nouveau millénaire ?
Je crois que l'OTO souffre encore plus de problèmes internes de "reconnaissance" que la Maçonnerie par exemple. Comme je l'ai dit, l'OTO se résume sur le plan international à une "nébuleuse" de groupes et de groupuscules dont la plupart travaillent "chacun dans leur coin". Dans pareilles conditions, il est très difficile de maintenir la Constance et la Vigueur de l'Ordre.
Je souhaiterais donc que d'une part, les différentes organisations essayent enfin d'oeuvrer dans un même sens, et que chacune soit surtout beaucoup plus prudente quant aux personnes qu'elle admet.
Plus d'unité et de coopération entre les diverses organisations permettrait aussi d'établir un "canevas" qui viserait à définir ce qui fait partie de la Tradition de l'OTO, et, de manière implicite, ce qui n'en fait pas partie. Cela permettrait de réduire l'influence de tous ces groupes qui se disent de l'OTO et qui versent dans le satanisme de "pacotille" ou dans certaines pratiques sexuelles.

Pour poursuivre l'étude :

17.03.2007

Qumran ou les fils de la lumière

56ca57ddce5679bf1402d967fe280595.jpg

La découverte des Manuscrits de la Mer Morte en 1948 a changé considérablement l'approche des textes bibliques. Une petite communauté, rattachée au site de Massada, fournit encore aux archéologues, historiens, anthropologues, philologues et théologiens bien des questions. On les appelle "esséniens" selon les Antiquités judaïques de Flavius Josèphe mais il serait plus exact de les situer comme des "bnei Tsadok" (fils de Sadoq) car ils se dénommaient eux-mêmes ainsi. L'historien juif d'Alexandrie avait en effet la fâcheuse tendance d'attitrer l'adjectif essaios (retranscris en esseni) pour les illuminés en tout genre. A Massada, le furent-ils peut-être plus que d'autres ?
En tout cas, cette confusion entre les termes, l'instrumentalisation des sources à des buts idéologiques ou, parfois, le déni d'une réalité religieuse en Israël entre le IIIe siècle avant et le IIe siècle après J.C complexifient notre compréhension des Manuscrits de la Mer Morte et de cette communauté idéologique dans l'ancien Israël.  Pour avoir étudier moi-même les fameux manuscrits, je reste très dubitatif quant aux conclusions communément admises. Ernest Renan et bien d'autres y voient les balbutiements d'un christianisme anachronique. Les églises, les États, les idéologies aiment souvent à construire sur les décombres une filiation incertaine et subjective.
Mais dépassons ces polémiques sur l'aspect initiatique que constituait la communauté des écrits de Qumran.

0f697cc2bde1bbfb97641666cbb31e8f.jpgPlusieurs fragments constituent les Manuscrits de la Mer Morte. La  langue des Manuscrits est principalement l'araméen quoi que des parties soient dans un hébreu assez singulier et un moindre nombre a des substrats grecs d'envergure. Cette diversité linguistique accroît le nombre des auteurs - et donc la période recouverte par les Manuscrits - mais aussi la diversité des textes en eux-mêmes. Des prières, des récits historiques, des écrits apocryphes, des commentaires bibliques et des règles "communautaires" forment ainsi ce recueil.
Cette diversité nous permet d'observer les pratiques sociales (dont l'initiation qui nous préoccupera dans nos études et sur laquelle nous reviendrons) mais plus encore la spiritualité propre à cette communauté que je développerai ici brièvement.
Mon propos en introduction n'était pas neutre, les esséniens sont des bnei Tsadok, des saducéens avec une particularité "philosophique". Leur partition du peuple d'Israël se nourrit d'une dichotomie bien connue dans la Halakha (la Loi juive) : le pur et l'impur. Le Temple terrestre, étant devenu impur, n'abrite plus la shekhina (la présence divine). La fidélité de ces saducéens reposent donc sur un Temple céleste accessible au sage et au craignant Dieu. Cette spiritualité n'aurait rien de singulier - car elle interprète très largement les livres d'Isaïe, d'Ezéchiel et de Job - si un profond manichéisme et l'évocation d'une nouvelle alliance ne la rendraient pas autant originale. De là se déplacent le pur et l'impur vers une autre dialectique entre le sacré et le profane. La communauté, fidèle à la loi mosaïque et à cette vérité "cachée" qu'elle détiendrait, devient sacrée envers le profane que seraient le peuple d'Israël et les nations.

Il est évident que cette spiritualité conduit à une société initiatique en tant que telle. c23e2125b5036bd316df9fe97478aa7e.jpg
Société réglée par une "charte" à laquelle les membres doivent adhérer et dont l'inspecteur du camp est le garant : "Il (l'inspecteur) doit leur apprendre à rechercher Dieu de tout leur coeur et de toute leur âme comme Il l'a prescrit [...]. Il doit leur apprendre à aimer tout ce qu'Il a élu (...), à pratiquer la vérité, la justice et le droit dans le pays [...]. Il installera tous les volontaires qui entendent vivre selon les lois de Dieu dans l'Alliance de Majesté afin qu'ils rejoignent la société de Dieu et marchent devant Lui d'une façon parfaite (...)." Un homme qui souhaiterait appartenir à la communauté devra répondre d'une véritable démarche initiatique. La communauté examine ses qualités spirituelles mais aussi son aptitude à obéir à la Loi. Il ne doit pas être fou, ni mineur et visiblement seule la gente masculine peut appartenir à la société des initiés. Si celui-ci se rend apte, il est reçu comme initié et prête serment sur l'Alliance. Le fragment 4Q275 attesterait éventuellement d'un rituel d'initiation.
En tout cas, un bon nombre de rituels n'appartiennent pas à la Loi juive en soi. Rajouts dus à l'interprétation prophétique et de la communauté essénienne en tant que telle, ils comblent cette transition spirituelle que j'ai évoquée précédemment. Car les esséniens détiendraient un secret (1Q27 et 4Q299-301), l'être initiatique est toujours relégué à son agir comme dans toutes les sociétés initiatiques. La charité, l'humilité, la vérité, la justice et l'intelligence sont des vertus largement citées qui conduisent vers un au-delà. Au-delà dont le rite permettrait d'atteindre cette vérité cachée, cet absolu et donc, par apologie, Dieu.

Je conclurai cette étude - sur laquelle il me faudra évidemment revenir et approfondir des notions et postulats évoqués - sur un propos un peu plus anthropologique.  Pour avoir une philosophie propre, pour se mouvoir dans une spiritualité certaine et aspiré à un absolu, les Manuscrits de la Mer Morte préfigurent une société initiatique tant au sens formel qu'idéologique. Si le fait initiatique est réel, j'émettrai pourtant une réserve. En effet, la présence au sein de la communauté essénienne place des prêtres et des lévites au-dessus des autres et enseignant de la plupart. Sachant que le sacerdoce était largement héréditaire, peut-on conclure véritablement à un cheminement qui va du profane au sacré ? Ou ce sacré n'est-il réservé qu'aux grands initiés ? Je tenterai de répondre à ces questions lors d'une prochaine étude.

Illustrations :
Fig.1 - Site de Massada (Israël)
Fig.2 - Fragment des Manuscrits
Fig.3 - Encrier retrouvé sur le site de Qumran.

Pour poursuivre l'étude :

16.02.2007

Ancien et Mystique Ordre de la Rose-croix (AMORC)

c18d06b2dd247a485e706053fe5faa68.gifLa Rose-croix, tant par sa symbolique, ses sources littéraires, sa philosophie et son histoire, est un vaste sujet sur lequel je ne cesserai  de revenir sur ce blog. Plutôt que de dépeindre brièvement cet ensemble aux multiples niches et arcanes, je préfère lui consacrer plusieurs articles. Rien de plus naturel donc de nous pencher sur l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-croix (AMORC) dans cette rubrique "Sociétés initiatiques".

Comme son nom ne l'indique pas, l'AMORC est un mouvement "récent". Son organisation comme sa doctrine proviennent de la vision de Harvey Spencer Lewis qui fonda l'Ordre en 1915. Quoi que la pensée rosicrucienne apparaisse au XVIIe siècle par la trilogie de Johann Valentin Andreae alias Christian Rosenkreutz,  Harvey Spencer Lewis mystifiera bien des consciences en faisant remonter son Ordre aux écoles de mystères égyptiennes. Mourant et ressuscitant tout les 108 ans, l'Ordre serait tel un phénix qui se jouerait des sociétés et des civilisations pour apparaître au monde. S'il paraît évidant que le mysticisme existe en plusieurs traditions, que le symbolisme est aussi ancien que l'usage même des symboles, que la gnose transporte en elle des millénaires d'études, de déductions, d'interprétations et de traditions, l'AMORC tombe dans le dogme lorsqu'elle institutionnalise son histoire légendaire.

Pour avoir lu l'oeuvre de Christian Rosenkreutz, je n'en ai retrouvé que des brides partiellement intégrées dans ce méli-mélo de mysticisme qui n'assume pas sa nature. L'AMORC nous dit à ce sujet :  "Le mysticisme, au sens le plus noble du terme, peut être défini comme un art de vivre, une façon d'être qui concerne le coeur autant que l'esprit. Le véritable mystique se consacre à l'étude des lois de l'univers et de la nature, mais il s'adonne aussi à la contemplation de la Beauté Incréée.". Dans sa définition académique, le mysticisme est  une "doctrine qui affirme la possibilité d'une union directe de l'âme avec Dieu, cette union constituant une forme supérieure d'existence et de connaissance" (source : Dictionnaire de l'Académie Française). Par comparaison, les concepts auxquels se rattachent l'AMORC sont déjà très largement interprétés. Le dogmatisme de l'Ordre est encore plus criant lorsque l'on réfléchit sur sa doctrine et aux affirmations qu'elle laisse en suspens. Dire : "Le temps et l'espace sont des états de conscience et n'ont aucune réalité matérielle indépendante de l'homme" dément par exemple la théorie de la relativité d'Einstein. On ne peut prétendre à la gnose sans apprécier la science exacte et humaine.

Je pense sincèrement que les enseignements de Christian Rosenkreutz tombent dans la supercherie et dans un ésotérisme exacerbé avec l'AMORC. Il n'est pas étonnant que sa philosophie ne dépasse pas les carcans de la parole de comptoir ; sans perspicacité, évidemment. Pour ce qui est de son identification en tant que secte, je suis plus réservé. Il est évidant que cette société initiatique, pour emprunter un discours religieux, trouble les frontières. De là à l'accuser d'avoir des dérives sectaires, je ne serai pas prêt à l'affirmer. Ma diatribe se veut avant tout l'exigence d'un chercheur assidu de la Lumière et d'un lecteur consciencieux de Christian Rosenkreutz.

Pour poursuivre l'étude :

05.02.2007

L'initiation

9e0b5389c7fa82e0de3cc1832a44d1db.jpg

Il n'y avait pas meilleur moyen d'inaugurer cette catégorie sur les sociétés initiatiques que d'écrire un article sur leur similarité en l'initiation.

"Initier" provient étymologiquement du verbe  latin initiare, c'est-à-dire commencer. Sémantiquement, une initiation est l'action d'un commencement. Ceci suppose irrémédiablement une séparation entre ce qui fut et ce qui adviendra. Évidemment, le sens originel de ce terme va devenir dans le langage commun l'acte de réception d'un savoir.

Pourtant, l'initiation suppose cette distinction entre l'être accompli et l'être inaccompli, entre l'être ignorant et l'être savant. Ainsi, elle est la scission, le passage, entre deux états.
Le premier état est constitué. Il définit l'être en soi que l'on peut qualifier d'étant. En cela, l'individu demeure tel qu'il est. C'est-à-dire qu'il s'incarne dans tout ce que son état peut comporter en son essence matérielle. Mais également dans son essence spirituelle, ses sentiments, ses connaissances.      
Le second état est advenant. Il suppose que l'étant se sublime dans l'Etre. Sans renier sa propre nature, il dépasse son statut existant pour acquérir une dimension en élévation. Autrement dit, l'étant passe d'une sphère d'incarnation à une une sphère d'Etre désincarnée, un "au-delà".
Ainsi, on peut dire de l'initiation qu'elle est la préparation entre ces deux états. Elle marque autant la disparition de l'un que l'avènement de l'autre.

La pratique initiatique existe depuis la nuit des temps et dans toutes les sociétés humaines. Mircea Eliade (Traité d'histoire des religions) l'a démontré dans les civilisations polynésiennes mais des exemples plus proches de notre civilisation existent. Vu l'orientation de ce blog, je prendrai trois exemples significatifs chez les esséniens et dans la franc-maçonnerie.
Dans l'Ecrit de Damas et dans les Manuscrits de la Mer Morte, la pratique initiatique est explicitement mentionnée. Elle demandait au "candidat" de se délier de sa situation initiale en effectuant des épreuves (dont l'étude de la Torah pendant un an). Apte à être initié et "éprouver" comme il se doit, il prêtait un serment sur l'Alliance sur laquelle il jurait de ne pas dévoiler les secrets de la Règle. Reçu parmi les membres de la communauté, le novice sera amené à évoluer constamment. Par ailleurs, les textes insistent entre la rupture du monde "profane" avec la sainteté des "Fils de la Lumière".
A la différence du contexte religieux des esséniens, le rite d'initiation dans la franc-maçonnerie suppose également des épreuves appelées "voyages". Comme l'exilé qui est amené à partir sur les routes, l'individu se sépare de ce qu'il fut dans la terre de ses certitudes : matériellement par le dépouillement des métaux et sa vêture "ni nu, ni vêtu" ; spirituellement lorsqu'il meurt symboliquement dans le cabinet de réflexion. Les trois voyages qui suivent cet étape figurent  la mort de l'étant, la purification dans la désincarnation puis l'élévation dans l'Etre, à la lumière. A l'instar des esséniens, l'initié prête serment et s'engage à ne pas divulguer les secrets de l'ordre. Cela car l'initiation est, certes, un (nouveau) commencement mais aussi la réception d'un savoir particulier.

L'initiation est une pratique civilisationnelle, graduelle et surtout généralisée à toutes les étapes de la vie. Ce qui distingue une initiation en soi d'une société initiatique demeure sur ce renouveau suscité et le cadre dans où il se pratique. On ne serait comprendre leur spiritualité, leur philosophie, sans comprendre le fondement de celles-ci : l'initiation.   

Pour poursuive l'étude :