29.11.2007
Rite Standard d'Ecosse

Théoriquement, chaque loge à ses couleurs et les affichent sur les tabliers et baudriers de ses membres. La Grande Loge Nationale de France (GLNF) a obtenu que tous les frères des ateliers au RSE portent les couleurs brodées du tartan Royal Stuart d'après les liens historiques entre la dynastie écossaise et la France.
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21.06.2007
Le Rite Français
Apparaissant à la fin du XVIIIe siècle, les systèmes rituels ont constamment évolué dans l'histoire et évoluent encore à travers elle. Bien plus qu'un folklore, bien moins qu'un rite à la portée religieuse, le rite pratiqué en loge éveille l'esprit tant il est - ou il fut - une élaboration contextuelle des problématiques touchant la franc-maçonnerie à l'époque et d'une spiritualité qui habitât les frères en ces temps lointains. Le Rite Français serait là une curiosité hexagonale s'il n'était que l'engeance d'un gallicanisme maçonnique. Hors, ce que nous nommons avec habitude - et parfois avec la fierté du coq - Rite "Français" trouve plus juste substantif en Rite "Moderne".
N'en dérange le chauvinisme hexagonale, le Rite Français est intimement lié à l'implantation de la franc-maçonnerie dans notre pays par les Anglais dans les années 1720. En 1730, les trois premiers systèmes de grades dit "Modernes" sont publiés dans le livre de Samuel Prichard "Masonry Dissected" s'inspirant très largement des Constitutions d'Anderson et de la maçonnerie opérative écossaise. Ainsi, dans leurs bagages, les immigrants britanniques posent en France les bases de la maçonnerie dite des Modernes quoi que le terme soit encore quelque peu anachronique. Le rite transmis par les frères Anglais sera dès lors traduit en français et pratiqué dans la quasi-totalité des loges françaises. L'extraordinaire XVIIIe siècle donnera naissance à d'autres systèmes appelés "écossais" (pour lesquels je réaliserai une étude ultérieure) qui s'opposent au Rite Moderne. Si la franc-maçonnerie est universelle, elle demeure aujourd'hui encore - et fut bien plus à l'époque - une question d'interprétation. Sans plonger dans des questions complexes, cette rivalité sur la question des hauts grades et le besoin d'unifier les loges du royaume de France autour du Grand Orient de France motiveront l'obédience en 1785-86 à codifier le Rite Moderne devenant alors Rite Français. Toutefois les nuances apportées - donnant cette appellation d'origine contrôlée - proviennent plus des traductions hasardeuses de l'anglais au français et de quelques particularités spécifiquement françaises et donc ô combien anecdotiques.
Les siècles qui suivront vont effiler la corde jusqu'à rendre le rituel totalement neutre et laconique. Selon le contexte et la pensée du temps, le Rite Français sera déiste, agnostique, athée, voir même matérialiste. Il empruntera la philosophie des Lumières jusqu'au positivisme. Il fera l'éloge du roi, de l'Empire, de la République. Il faudra attendre le XXe siècle pour que cette tendance s'inverse et qu'un Rite Français Moderne Rétabli (devenant Rite Français Traditionnel) dépoussière la spiritualité inhérente à ce rite. Toutefois, ces multiples variantes héritées du passé ont la particularité de rendre le Rite Français particulièrement souple et nullement figé dans un droit canon ; tant par le le rituel basé sur les manuscrits de 1778, le Régulateur du Maçon (1801), le rituel Aimable (1886), le rituel Groussier (1955), etc ...
Ainsi parlerai-je du seul Rite Français Traditionnel pour ne pas complexifier mon exposé dans les méandres du temps et des idéologies. Le Rite Français est avant tout - nous y faisions référence précédemment - le rite des Modernes. Au XVIIe siècle, deux systèmes s'opposent : le Rite du Mot Maçon (d'essence calviniste) et le Rite des Anciens Devoirs (d'essence anglicane). Ils divergent autour de questions théologiques telles que le serment sur la Bible ou la "cérémonie". Après plus d'un demi-siècle de guerres de clochers, les deux rites archaïques seront synthétisés par l'oeuvre de James Anderson et de John Desaguliers. La synthèse concilie les églises respectives en conceptualisant Dieu. Le déisme d'alors n'en est pas moins basé sur la "mythologie" biblique ce qui enracine le Rite Français dans la tradition judéo-chrétienne. Mais qu'est-ce qui le distingue des autres rites ? A mon sens, il n'est pas doctrinal comme peut l'être le Rite Ecossais Rectifié (RER). C'est une alchimie, une alchimie émotionnelle qui ambitionne de porter la lumière et la fraternité dans les coeurs tout en interrogeant l'esprit aux mystères.
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06.02.2007
Le rite dans la franc-maçonnerie
Le rite, du latin ritus, désigne le mode d'action d'une célébration. Dans son sens grec (nomos), il est l'inclinaison traditionnelle à l'ordre. De ce fait, le rite est un processus distinguant l'ordre du chaos. Pour Max Weber, la pratique rituelle assure de fait la cohésion sociale.
Dans la religion romaine, le sacrifice s'effectuait selon un rite préalablement défini, constitué de gestes précis et dans un environnement explicitement sacré. Le rite avait cette signification de maintenir l'ordre du monde et d'obtenir ainsi les faveurs des dieux.
Au-delà de son aspect opératif, les rites se cristallisent dans un cadre spirituel ; cela au sens qu'ils suggèrent une discipline du corps et de l'esprit. Dans l'islam, les cinq prières ajoutent à la matérialisation symbolique du temps (cinq moment de la journée) et de l'espace (l'orientation vers La Mecque) un sens mystique, philosophique qui suppose l'adhésion au dogme mais aussi - et surtout - une élévation vers la sainteté.
Plus encore, le rite s'efforce d'être émotionnel pour s'acheminer vers cet état supérieur. Que se soit par des exhortations, des chants, de la musique, des danses, des parfums ou une cérémonie solennelle (avec toute la gravité qu'elle peut avoir), il tend à effacer cet être extérieur pour plonger l'individu dans son Moi intime. J'aurai même tendance à dire : dans son Moi spirituel.
On pourrait définir le rite en franc-maçonnerie comme essentiellement émotionnel. En effet, le craft (métier) du franc-maçon annonce un travail sur lui-même par le biais du symbolisme de la loge. Le maçon travaille ainsi sur sa pierre brute, repoussant ses passions pour bâtir son temple personnel.
Mais comprendre le rite maçonnique dans ce seul aspect est fort réducteur. En effet, la franc-maçonnerie a cela de syncrétique qu'elle prend naissance dans le monothéisme et que l'influence de l'hermétisme fonde une bonne partie de sa spiritualité. Si l'on en croit Emile Meyerson dans Identité et Réalité l'alchimie tend à influer la volonté divine (donc le cosmos selon une vision théologique) par la pratique et l'établissement d'un principe de légalité. En cela, le rite maçonnique préserve l'ordre sur le chaos en établissant des lois (ou plutôt des règles).
De surcroît, la pratique rituelle s'apparente comme l'acte consistant à séparer le profane de la lumière. Dans les trois grands monothéismes du livre, la rhétorique veut que le mal sombre dans les ténèbres et que le bien s'élève à la lumière. Loin d'être manichéen, c'est la sublimation qui transparaît dans ce propos. Par sa sémantique, le rite maçonnique est explicitement philosophique. Evidemment, le dogmatisme s'est sécularisé mais un maçon comprendra, dans sa loge et par le rite qu'il pratique, que ce vecteur est présent.
Je conclurai mon propos en reprenant la thèse de Max Weber. Au-delà de ces dimensions émotionnelles, spirituelles et "ordonnatrices", le rite maçonnique accroît cette fraternité au coeur des valeurs de la société initiatique. On ne pourrait se sentir "frère" ou "soeur" d'un ou d'une inconnu(e) si la pratique rituelle ne matérialisait cet au-delà. Evidemment, la fraternité - comme le rite - se limite par les volontés. Le rite n'apporte rien, reste vain, si on y adhère pas et si l'esprit se complaît à sa superficialité. La fraternité est avant tout le désir des individus à vivre celle-ci. A l'inverse de la religion, le rite maçonnique ne prétend pas apporter le cadre nécessaire à l'éden, à la béatitude, au paradis ou que sais-je. Il est une discipline, il est un Art pour se parfaire.
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