10.11.2007
Le pays des présidents francs-maçons

Les présidents américains francs-maçons vus par SaT
Les Etats-Unis d'Amérique ont compté 14 présidents francs-maçons. Gerald Ford (1913-2006), dernier président membre de l'Ordre, marque néanmoins une rupture entre une certaine tradition des élites américaines et symbolise l'évolution de la franc-maçonnerie aux Etats-Unis d'Amérique (cf. Quel avenir pour la franc-maçonnerie aux USA ?). Par le poids de l'histoire, et forcément par l'inconscient collectif qui en émane, nous n'élaborerons pas une liste exhaustive des présidents ayant été initiés pour lui préférer trois portraits de présidents américains, francs-maçons et s'inscrivant dans l'histoire de par leur appartenance à l'Ordre et des idéaux qu'il véhicule.
Voici les portaits de George Washington, Théodore Roosevelt et Harry Truman.
George Washington (1732-1799)
Général pendant l'indépendance américaine, président de la Convention en 1787, président des Etats-Unis de 1789 à 1796, George Washington fut aussi un grand franc-maçon. Initié le 4 novembre 1752, reçu compagnon le 3 mars 1753 et élevé maître le 4 août de la même année dans la loge à l'Orient Fredericksburg (Virginie), il sera élu (mais non installé) vénérable maître de la loge #22 à l'Orient d'Alexandria en Viriginie de 1788 et le restera durant ses deux mandats présidentiels. Même en 1789, année où il accède à la présidence. Robert R. Livingston (Grand Maître de l'Etat de New-York) lui fera d'ailleurs prêté serment sur une bible appartenant à la loge #1 de New-York.
Durant toute sa vie, le premier président des Etats-Unis n'aura de cesse de s'inspirer de l'idéal maçonnique notamment en matière de tolérance religieuse et d'un idéal de fraternité qui transparaît dans ses déclarations contre l'esclavage. George Washington resta un fidèle parmi les fidèles à ses frères et amis. Il entretenait ainsi une correspondance fourni avec Lafayette. Si certaines sources affirmeraient son appartenance à la Royal Arch, il est bien plus certain que le président américain avait une réelle sensibilité spirituelle par sa conversion à l'épiscopalisme et l'affirmation d'une foi intellectualisée dans ses écrits.
Théodore Roosevelt (1858-1919)
Le personnage de Théodore Roosevelt est certainement le plus controversé. Nationaliste, belliqueux, raciste (mais pas antisémite), il apparaît aux yeux de l'histoire comme un sombre personnage quoi qu'il ne soit pas anachronique à son époque. Le vingt-sixième président des Etats-Unis d'Amérique avait heureusement quelques qualités dont ses mesures sociales lors de sa présidence et une politique étrangère du compromis lorsque les Etats-Unis d'Amérique n'y sont pas mêlés. Il recevra à ce titre le prix Nobel de la paix en 1906 pour son arbitrage dans la crise marocaine.
A la différence de George Washington et de Harry Truman, Théodore Roosevelt deviendra franc-maçon tardivement. Il est initié le 2 janvier 1901 (à l'âge de 43 ans) à la loge Matinecock #806 à l'Orient d'Oyster Bay dans l'Etat de New-York. Son activité maçonnique n'en est pas moins importante. Il posera la première pierre du temple maçonnique à Washigton DC en 1907 et célébrera d'autres cérémonies de la même ampleur. Il aura notamment une riche correspondance quant à la vie en loge.
Harry Truman (1884-1990)
Il faut croire que Harry Truman avait un destin. Trente-troisième président, un titre plus que symbolique, pour un franc-maçon actif. Il est initié à la loge Grandview #450 à l'Orient de Belton dans le Missouri le 9 février 1909, il y sera reçu compagnon et maître. Il poursuivra ses activités maçonniques en autant élu sénateur. A ce titre, il devindra Grand Maître de la Grande Loge du Missouri en 1940. Elu président, il est inscris au tableau de la Missouri Lodge of Research dans laquelle il exercera la fonction de Vénérable Maître.
Durant toute sa vie, Harry Truman a assumé sa qualité de franc-maçon et cela jusqu'à rédigé en 1957 l'avant-propos du premier volume de 10.000 famous freemasons produit par sa loge de recherche.
Son engagement maçonnique n'est pas que l'aboutissement d'une tradition américaine. La franc-maçonnerie jouait encore en ce temps un rôle d'école d'un savoir universel ayant une approche qualitative des planches. Savoir et réflexion, permirent à forgé intellectuellement Harry Truman, dernier de cette liste fermée des présidents n'ayant pas décroché de diplôme universitaire (liste qui comprend, au passage, George Washington).
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07.09.2007
Mani, le prophète oublié
Né en Orient, oublié par l'Occident, Mani appartient à ces prophètes jugés par l'Histoire et abandonnés dans celle-ci. Comme tous les mystiques qui l'ont précédés et ceux qui le suivirent, Mani a l'originalité de son histoire et la pertinence de son discours tombant souvent dans la légende et perdurant dans une interprétation partiale. Pendant fort longtemps, seul Saint Augustin traçait son portrait, faisant du "manichéisme" une hérésie supplémentaire. Fort heureusement pour ce prophète oublié dans le temps, il est intervenu des hommes pour rétablir sa mémoire et la vérité sur sa vie.
Plus qu'un prophète, on dit de Mani qu'il était peintre, philosophe et médecin. Né en 216 à Ctésiphon (Mésopotamie), ses origines le renvoie à la Parthie (région au Nord-Est du plateau iranien) de ses parents. Son père, Patteg, appartenait à la tribu guerrière des Hamadan. Quant à sa mère, Maryam, la légende veut qu'elle descende de la famille princière des Kamsaragan, proche de la dynastie Arsacide. Néanmoins, indoeuropéen dans un pays sémite, il parlait syriaque et cela depuis sa naissance.
Sa vie religieuse commence à ses quatre ans. Son père, adhérant à la foi des Elkhasaïtes (un syncrétisme gnostique des chrétiens primitifs), l'arracha à sa mère pour poursuivre son enseignement dans la communauté. Autant dire que ce déchirement provoqua en lui un traumatisme profond. Chaque mystique étant un révolutionnaire, il fallut attendre la puberté a Mani pour qu'il s'affirme en tant que tel. En effet, ce n'est qu'en 228 qu'il reçoit sa première révélation par l'ange At-Taum ("le jumeau") qui lui dit : "Sépare-toi de cette communauté car tu n'appartiens pas à ses adeptes... Toutefois, en raison de ton jeune âge, le temps n'est pas encore venu pour toi de te manifester." Douce révolution où la sagesse l'emporte sur l'imprudence, la certitude sur le temps.
L'ange lui confirmera sa mission à ses 24 ans. Alors excommunié de sa communauté d'origine, il entreprend avec son père et deux disciples de répandre son message en Inde dans les communautés chrétiennes, fondées par l'apôtre Thomas (considéré comme le jumeau de Jésus). En 242, de retour en Iran, il obtiendra de l'empereur sanasside Shapur Ier (241-272) le droit de répandre librement son enseignement dans tout l'Empire Perse. Cette protection royale permet au manichéisme d'atteindre l'esprit de ces contemporains. Mais l'opposition de plus en plus virulente du mazdéisme abrogera cet état de grâce rendu possible par le conversion d'Hormzid Ier (272-273 ; fils de Shapur) et le soutient du pouvoir. Le frère et successeur de ce dernier : Bahram Ier (273-276) condamnera à mort le prophète dans la ville de Gundishapur ; faisant de fait du mazdéisme la religion d'Etat.
Au-delà de sa vie mouvementé, fait de pérégrinations et d'épreuves, Mani laissera son emprunte dans l'humanité. Outre sa religion et sa spiritualité (que nous aborderons dans des études appropriées), Mani créa un style artistique. Il contribuera notamment à réformer l'écriture persane et ses disciples seront les premiers à traduire dans une langue indoeuropéenne les écrits du bouddhisme. Plus qu'un prophète oublié dans l'histoire, Mani fut le grand rassembleur des civilisations de l'antiquité tardive.
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