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29.11.2007

Rite Standard d'Ecosse

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Merci à mon frère et ami SaT
C'est un rite inconnu dans l'hexagonale qui réunirait entre 150.000 et 50.000 frères en Ecosse. Le Rite Standard d'Ecosse (RSE) appartient à cette franc-maçonnerie de tradition aux origines de celle-ci.
Il trouve naissance au XVIe siècle avec la loge Kilwinning (loge mère aux balbutiements de la maçonnerie spéculative) pour connaître un développement jusqu'à sa version pratiquée actuellement. Même avec ses prestigieuses origines, le RSE - comme la majorité des rites contemporains - a été codifié au XIXe siècle pour connaître un renouveau équivalent à celui du Rite Français Traditionnel au XXe siècle. Et cela selon un travail d'exégète d'après deux rituels : Scottish Craft Ritual (1954) et The  Scottish workings of Craft Masonry (1967) qui donneront naissance en 1969 au : Standard rituel of Scottish Freemasonery.
Le RSE s'apparente au Rite Emulation sur bien des points dont l'importance de la cérémonie, le rituel connu par coeur et l'inexistence de planches. Toutefois, il est indiscutablement moins formaliste, peut-être moins rigide, et sauvegarde cette magie et cette solennelité des systèmes dits "anglais" dans l'Art Royal.  
Théoriquement, chaque loge à ses couleurs et les affichent sur les tabliers et baudriers de ses membres. La Grande Loge Nationale de France (GLNF) a obtenu que tous les frères des ateliers au RSE portent les couleurs brodées du tartan Royal Stuart d'après les liens historiques entre la dynastie écossaise et la France. 
Le RSE mérite d'être connu pour toutes ses caractéristiques et sa perception écossaise différente de l'écossisme. Actuellement, il est pratiqué par la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique - Opéra (GLSTO) et par la Grande Loge Nationale Française (GLNF). On le retrouve également au sein du Grand Prieuré des Gaules (GPDG) sous le nom de "Rit Ecossais". A l'initiative de certains frères, un site internet (Standard d'Ecosse) a été crée afin d'informer le paysage maçonnique sur les origines, la pratique et les aspects fondamentaux de ce rite ; malheureusement  encore marginal. Initiative qui, au-delà des problématiques de régularités et de la chasse gardée des obédiences, est à mon sens une façon positive d'introduire un nouveau rite afin alors que la pratique française veut qu'émerge une nouvelle obédience à cette fin. 

27.11.2007

Les Grandes énigmes de la Franc-maçonnerie (Ph. Benhamou)

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"Croyez-vous vraiment tout savoir sur la franc-maçonnerie? 

Trois siècles après la fondation de la première grande loge à Londres, en 1717, tout semble avoir été dit, raconté et écrit sur la franc-maçonnerie. 

Pourtant, celle-ci fait toujours autant travailler notre imagination.

Pour le meilleur... et pour le pire! Son caractère discret et même secret favorise l'éclosion des rumeurs les plus folles:

  • La franc-maçonnerie, une invention des Templiers?
  • Rosslyn Chapel, premier temple maçonnique?
  • La Révolution française, un complot maçonnique?
  • La Flûte enchantée, un opéra à clés?
  • Les Protocoles des Sages de Sion, un manifeste judéo-maçonnique?
  • La franc-maçonnerie, une secte satanique?
 

Derrière la légende « noire» de la franc-maçonnerie se cachent parfois une part de vérité et, plus souvent, une bonne dose de fantasme et d'affabulation. 

Ce livre retrace l'origine des légendes qui parsèment l'histoire de la franc-maçonnerie. Des commanderies templières à la pyramide du Louvre, il démêle le vrai du faux et propose des pistes pour éclairer les questions restées sans réponse jusqu'à aujourd'hui. 

Amateurs de mystères, la vérité dépasse la fiction !"


A la lecture de la quatrième de couverture (quelque peu racoleuse) du dernier livre de Philippe Benhamou, on pourrait croire avoir en main un titre de la fameuse collection noire de chez Robert Laffont, Les Enigmes de l’Univers, qui fit et fait encore les délices des amateurs de phénomènes "mystérieux z’et inexpliqués". 

A la lecture, on se trouve rapidement plongé dans un ouvrage qui, s’il n’apporte pas grand-chose de neuf sur les sujets qu’il traite, n’en est pas moins passionnant.  Le style est alerte, descriptif, parfois humoristique. On ne peut reprocher que quelques répétitions (agaçantes) et erreurs minimes. 

Ce livre n’intéressera bien entendu pas les anti-maçons virulents (pléonasme ?). Par contre, tant le profane intéressé par la chose maçonnique que le Franc-Maçon y trouveront matière à réflexion et, pourquoi pas ?, à recherche et approfondissement.
 
SDC
 
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24.11.2007

Histoire de la franc-maçonnerie aux USA

Pour avoir largement contribuer à l'article Franc-maçonnerie aux Etats-Unis d'Amérique sur l'encyclopédie libre Wikipédia, je me permets de reprendre l'essentiel de la partie historique qui m'a demandé des heures et des heures de travail. Car ce n'est pas dans la "tradition" de Jakin & Boaz de faire du copier/coller, les lecteurs du précédant article y verront une perception bien plus subjectif que l'encyclopédisme l'exige.

477b3aa371a6cc5da9fdcf2c4ac5b5ad.jpgLa franc-maçonnerie aux USA naît dans le Massachusetts. Quoi que les origines légendaires veulent qu'elle fût implantée au début du XVIIIe siècle, les historiens de l'Ordre préfèrent 1733 comme date de naissance officielle. Les origines légendaires de la franc-maçonnerie aux USA proviennent certainement d'une colonisation britannique - et française - décriée par les pères fondateurs et irrémédiablement traumatisante dans le début de "l'idéologie américaine" que Montesquieu conceptualisa par "l'égalité des conditions". Ainsi, la franc-maçonnerie américaine débuterait avec le début même de l'identité américaine et ce personnage : Jonathan Belcher. Il est essentiel de s'arrêter un instant sur cette homme qui deviendra gouverneur du Massachusetts de 1730 à 1741. Celui qui aurait été initié à Boston - dans une "loge occasionnelle" - en 1704 deviendra célèbre dans l'Histoire pour se rendre à Londres (en tant que membre de la Chambre des Représentants de la province) contre la perception permanente de la couronne anglaise. Un début de révolution et une compréhension très nationale de l'histoire de l'Ordre.

La légende voudrait surtout que les premiers francs-maçons se soient réunis à Boston en 1720 dans la King's Chapel mais le manque de sources crédibles ne permettent pas d'affirmer cette version. Effectivement, le premier document attestant la présence maçonnique dans le "Nouveau Monde" date du 30 juillet 1733 et relate la nomination du Grand Maître provincial d'Amérique du Nord Henri Price par le Grand Maître d’Angleterre d'alors le victome de Montagu. La première loge se réunit ainsi à la taverne "La Grappe de raisin" sur King Street, à Boston toujours. La franc-maçonnerie américaine est née autour de la Grande Loge de Saint John, quoi que sa souveraineté limitée n'échappe pas au contexte historique. Dès 1734, Benjamin Franklin imprimera les Constitutions d'Anderson affirmant ainsi la portée de la franc-maçonnerie dans la colonie. Le 24 juin de la même année, il sera nommé Grand Maître de Provincial de Pennsylvanie et motivera la première volonté d'indépendance à la couronne britannique dans le cadre maçonnique.

Mais la franc-maçonnerie américaine est toujours inféodée au "Vieux Continent". La Grande Loge d'Écosse crée en 1752 la loge Saint Andrews (qui sera elle-même aux balbutiements de la Grande Loge du Massachusetts en 1759). D'autres Grandes Loges s'implanteront en Amérique. L'opposition entre Anciens et Modernes en sera d'ailleurs nourrie. La Grande Loge de Saint John était résolument dans le camp des Modernes alors que la Grande Loge du Massachusetts, dans celui des Anciens. Cette opposition maçonnique reflète une opposition historique. La Grande Loge de Saint John, à Boston, réunissait la bourgeoisie locale et aspirait largement à l'indépendance. Alors que sa rivale restait fidèle au Royaume-Uni, essentiellement composée de soldats (majoritairement irlandais) envoyés par la couronne britannique.

De cette date jusqu'à la guerre d'indépendance, les francs-maçons américains resteront largement divisés.

Parmi les 56 signataires de la déclaration d'indépendance de 1776, 50 environ auraient été francs-maçons. Benjamin Franklin vint à Paris en tant que "Ministre plénipotentiaire des États-Unis d'Amérique septentrionale" où il devint de 1779 à 1781 Vénérable Maître de la loge les Neuf Sœurs qui organisa le soutien français à la cause américaine. Parmi les franc-maçons français, le marquis de La Fayette, jouera un rôle notable dans la guerre d'indépendance. Profitant du conflit, la Grande Loge de Pennsylvanie déclarera se séparera officiellement de la Grande Loge d'Angleterre en 1778. Après la guerre, le système des Grandes Loges à juridiction exclusive sur le territoire de chaque état de l'Union fut établi. Il posa quelques problèmes dans les états où co-existaient deux grandes loges ("ancienne" et "moderne"), mais il finit par s'imposer totalement au bout d'une vingtaine d'années.

En 1800, il y avait aux États-Unis 11 Grandes Loges, regroupant 387 loges et 16000 francs-maçons.

Le XIXe siècle est une époque à la fois trouble et lumineuse pour la franc-maçonnerie aux États-Unis d'Amérique avec des temps dramatiques autant qu'une augmentation signification des effectifs, du nombre d'ateliers et une certaine effervescence maçonnique.
C'est l'affaire Morgan qui marquera le trouble au sein de l'Ordre et vague d'antimaçonnisme sans précédant. En 1826, un certain William Morgan disparaît de Batavia, ville de l'État de New-York après avoir menacer d'exposer les secrets de la franc-maçonnerie. La découverte d'un corps non-identifié le 27 octobre 1827 déclenche des émeutes d'antimaçonniques. Sous la conduite du tribun Thurlow Weed, elles sont aux balbutiements d'un mouvement antimaçonnique qui portera le candidat aux élections de gouverneur général de l'État de New-York en 1830. Il s'en faudra de peu pour qu'il soit élu. De 1826 à 1846, la Grande Loge de New-York passera ainsi de 500 à 65 loges.
La franc-maçonnerie américaine reprit cependant sa progression et en 1850, elle comptait 28 Grandes Loges, regroupant 1835 loges et 66000 francs-maçons.
A l'exception en effectif, il nous faut aussi constater une expansion des rites. Au premier titre desquels, on retrouve le41b1b04ce8489e86790662d55c92f082.gif REAA (Rite Ecossais Ancien et Accepté) qui - certes crée par Etienne Morin (un français vivant dans les Caraïbes) - sera  développée par Henry Francken, Moses Hays et Joseph Myers pour que naisse la Suprême Conseil de la Juridiction Sud à  Charleston en 1801. Albert Pike travaillera sur l'édifications des rituels du 4e au 32e degré en 1853 pour qu'à la fin du XIXe siècle le rite acquiert sa forme actuelle. Le Rite d'York sera lui aussi synthétisé et développé par des francs-maçons américain dans le courant à la fin du XVIIIe siècle et dans le courant du XIXe siècle ce qui démontre le lourd et le grand travail des frères outre-Atlantique.  

Mais ce sera la Guerre de Sécession qui viendra de nouveau créer la division au sein de la franc-maçonnerie américaine. La franc-maçonnerie était aussi bien implantée chez les confédérés que chez les abolitionnistes avec une opposition frontale entre les deux parties. Si des francs-maçons américains célèbres - comme George Washington - étaient très clairement anti-esclavagistes, d'autres - comme Albert Pike - militaient dans l'autre direction.
Plutôt que de parler de la guerre elle-même - qui intéresse d'avantage les historiens - ses conséquences ont lourdement peser chez les frères. Autant qu'il put y avoir une conciliation entre Anciens et Modernes en Angleterre, la franc-maçonnerie américaine s'est entièrement dépolitisée à la suite de ce conflit traumatisant dans son histoire. Ceci explique certainement cela.

Pour poursuivre l'étude :

Edit :
Un article spécialement consacré aux loges Prince Hall sera publié pour le dossier du mois de février "Franc-maçonnerie et minorités".

15.11.2007

Hiram et après ? (Collectif, Jiri Pragman dir.)

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"Ce jeu rituel montre que le travail sur un mythe - celui d'Hiram - peut prendre une consonance très actuelle... Ici, des travailleurs reviennent des funérailles de Maître Hiram et débattent de sa succession. Ces échanges amènent à (se) poser des questions sur le chantier du Temple de Salomon mais aussi sur le fonctionnement démocratique de la société, la gestion de la Cité et le fonctionnement de la Loge elle-même.

Le jeu apporte également une réflexion sur la parole perdue et sur la transmission.

Ce premier Carnet d'Hiram est complété par des informations et réflexions sur le mythe d'Hiram et son meurtre, leur utilisation en Franc-Maçonnerie, et par plusieurs textes de référence."

 

"Hiram et après ? " est ce que je qualifierais d’O.L.N.I. : un Objet Littéraire Non-Identifié.

Est-ce une pièce de théâtre maçonnique ?  Oui, mais c’est plus que ça.

Est-ce une réflexion sur la démocratie ?  Oui, mais ce n’est pas tout.

Est-ce un travail sur le mythe d’Hiram ?  Oui, mais pas uniquement. 

Ce curieux petit livret est tout cela à la fois. Très bien écrit, surtout dans la partie plus théâtrale, il nous propose un aperçu complet du mythe d’Hiram en Franc-Maçonnerie et des textes bibliques sur la construction du Temple de Salomon. 

Seul bémol, les citations longues et envahissantes (pratiquement la moitié du texte à certains endroits), comme si les auteurs, qui ont pourtant un indéniable talent littéraire, craignaient de dénaturer le propos en le réécrivant. 

Que dire au final ?  Que c’est un livre à lire et qu’on attend de voir la suite de la série.
 
SDC 
 
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10.11.2007

Le pays des présidents francs-maçons

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 Les présidents américains francs-maçons vus par SaT

Les Etats-Unis d'Amérique ont compté 14 présidents francs-maçons. Gerald Ford (1913-2006), dernier président membre de l'Ordre, marque néanmoins une rupture entre une certaine tradition des élites américaines et symbolise l'évolution de la franc-maçonnerie aux Etats-Unis d'Amérique (cf. Quel avenir pour la franc-maçonnerie aux USA ?). Par le poids de l'histoire, et forcément par l'inconscient collectif qui en émane, nous n'élaborerons pas une liste exhaustive des présidents ayant été initiés pour lui préférer trois portraits de présidents américains, francs-maçons et s'inscrivant dans l'histoire de par leur appartenance à l'Ordre et des idéaux qu'il véhicule.

Voici les portaits de George Washington, Théodore Roosevelt et Harry Truman.

George Washington (1732-1799)

2d2f9388302075a4827e07ae295cd485.jpgGénéral pendant l'indépendance américaine, président de la Convention en 1787, président des Etats-Unis de 1789 à 1796, George Washington fut aussi un grand franc-maçon. Initié le 4 novembre 1752, reçu compagnon le 3 mars 1753 et élevé maître le 4 août de la même année dans la loge à l'Orient Fredericksburg (Virginie), il sera élu (mais non installé) vénérable maître de la loge #22 à l'Orient d'Alexandria en Viriginie de 1788 et le restera durant ses deux mandats présidentiels. Même en 1789, année où il accède à la présidence. Robert R. Livingston (Grand Maître de l'Etat de New-York) lui fera d'ailleurs prêté serment sur une bible appartenant à la loge #1 de New-York.
Durant toute sa vie, le premier président des Etats-Unis n'aura de cesse de s'inspirer de l'idéal maçonnique notamment en matière de tolérance religieuse et d'un idéal de fraternité qui transparaît dans ses déclarations contre l'esclavage. George Washington resta un fidèle parmi les fidèles à ses frères et amis. Il entretenait ainsi une correspondance fourni avec Lafayette. Si certaines sources affirmeraient son appartenance à la Royal Arch, il est bien plus certain que le président américain avait une réelle sensibilité spirituelle par sa conversion à l'épiscopalisme et l'affirmation d'une foi intellectualisée dans ses écrits.  

Théodore Roosevelt (1858-1919)

ef64ebcf0d58cab98401a80300827dd7.jpg Le personnage de Théodore Roosevelt est certainement le plus controversé. Nationaliste, belliqueux, raciste (mais pas antisémite), il apparaît aux yeux de l'histoire comme un sombre personnage quoi qu'il ne soit pas anachronique à son époque. Le vingt-sixième président des Etats-Unis d'Amérique avait heureusement quelques qualités dont ses mesures sociales lors de sa présidence et une politique étrangère du compromis lorsque les Etats-Unis d'Amérique n'y sont pas mêlés. Il recevra à ce titre le prix Nobel de la paix en 1906 pour son arbitrage dans la crise marocaine.
A la différence de George Washington et de Harry Truman, Théodore Roosevelt deviendra franc-maçon tardivement. Il est initié le 2 janvier 1901 (à l'âge de 43 ans) à la loge Matinecock #806 à l'Orient d'Oyster Bay dans l'Etat de New-York. Son activité maçonnique n'en est pas moins importante. Il posera la première pierre du temple maçonnique à Washigton DC en 1907 et célébrera d'autres cérémonies de la même ampleur. Il aura notamment une riche correspondance quant à la vie en loge.

Harry Truman (1884-1990)

6ed92971494c967839bc048e527ff6ba.jpgIl faut croire que Harry Truman avait un destin. Trente-troisième président, un titre plus que symbolique, pour un franc-maçon actif. Il est initié à la loge Grandview #450 à l'Orient de Belton dans le Missouri le 9 février 1909, il y sera reçu compagnon et maître. Il poursuivra ses activités maçonniques en autant élu sénateur. A ce titre, il devindra Grand Maître de la Grande Loge du Missouri en 1940. Elu président, il est inscris au tableau de la Missouri Lodge of Research dans laquelle il exercera la fonction de Vénérable Maître.
Durant toute sa vie, Harry Truman a assumé sa qualité de franc-maçon et cela jusqu'à rédigé  en 1957 l'avant-propos du premier volume de 10.000 famous freemasons produit par sa loge de recherche.
Son engagement maçonnique n'est pas que l'aboutissement d'une tradition américaine. La franc-maçonnerie jouait encore en ce temps un rôle d'école d'un savoir universel ayant une approche qualitative des planches.  Savoir et réflexion, permirent à forgé intellectuellement Harry Truman, dernier de cette liste fermée des présidents n'ayant pas décroché de diplôme universitaire (liste qui comprend, au passage, George Washington).

 

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02.11.2007

Quel avenir pour la franc-maçonnerie aux USA ?

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Boston est probablement le centre de l'identité américaine. Quiconque a entendu parler de ce morceau d'Amérique garde en souvenir la Boston Tea Party (1773), prémice de libération contre l'Empire britannique. La ville fondée en 1630 par ces mêmes puritains qui fuyaient le vieux continent devint le centre culturel et intellectuel d'un nouveau monde et, forcément, d'un homme nouveau. La ville inspira bon nombre d'écrivains, de penseurs et de scientifiques. Aussi, nul ne s'étonnera que la franc-maçonnerie américaine y est née et qu'elle compte encore de nombreux frères dans la ville historique.
Mais au-delà de l'Histoire, c'est bel et bien l'avenir qui est compromis pour l'Ordre. Si Boston ne cessera probablement jamais d'être ce qu'elle est, on peut s'interroger sur la franc-maçonnerie américaine tant dans son devenir que dans son identité. 
Car un premier constat s'impose : la franc-maçonnerie aux Etats-Unis d'Amérique a perdu en l'espace d'un demi-siècle près de la moitié de ses membres. De plus de quatre millions dans les années 60, elle atteint péniblement un million et demi de frères aujourd'hui (source MSA, Paul Bessel). L'âge moyen en loge se situerait entre 60 et 70 ans dans la quasi-totalités des Etats. La logique mathématique annoncera-t-elle la fin de la franc-maçonnerie aux Etats-Unis d'Amérique ?
Il faut toutefois rester circonspect en présence de tels calculs car ils ne prennent pas en compte la franc-maçonnerie dite libérale en pleine expansion (quoi qu'elle demeure toujours singulière), la franc-maçonnerie "noire" qui appartient à cette classification et la fameuse "co-masonry" : terme générique qui désigne autant les ordres paramaçonniques pour femmes (à l'exemple de l'Eastern Star) que la franc-maçonnerie féminine à proprement parlée. Aussi, si les statistiques sont déficients, il n'en demeure pas moins que la franc-maçonnerie américaine régresse considérablement.
Bien conscients de la situation, les frères de l'autre côté de l'Atlantique tentent d'endiguer le typhon en accentuant les moyens de recrutement. Vu de l'hexagone, faire de la publicité pour l'Ordre s'apparenterait à du prosélytisme. Mais, dans le pays des mille religions et autant de chaînes de télévision consacrées aux divers communautés (ethniques, religieuses, professionnelles, etc...), il est bien normal de passer dans les salles de cinéma, de placarder des affiches en centre ville, d'acheter de l'espace publicitaire entre les programmes télévisés, de créer des sites internet pour faire la promotion de la vieille confrérie souvent ringardisée.
Des exemples étayent cette triste réalité. A cite souvent à ce titre le site internet de la Grande Loge du Massachusetts : Ask A Freemason conçut sur le même modèle que ses homologues catholiques, israélites, protestants, musulmans etc... Plus anecdotique peut-être, souvenez-vous de ce sponsor automobile curieux : le Scottish Rite (correspondant au Rite Ecossais Ancien & Accepté) sur un nascar.
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Mais ces efforts de recrutement interviennent peut-être tardivement car les causes du dédain populaire sont aussi nombreuses qu'incompréhensibles dans un pays durablement marqué par l'Ordre.
Père fondateur de la nation, Georges Washington est le premier des 14 présidents ayant été francs-maçons. Des symboles américains jusqu'à la Constitution du pays, une nette influence de la franc-maçonnerie s'y fait ressentir. Un certain déisme étatique, une doctrine libérale, le rapport à la patrie jusque dans son expression dans les mythes et la culture populaire américaine qui, dans une interprétation très anglo-saxonne de l'Ordre, demeurent au centre des valeurs traditionnelles. D'où son succès chez les WASP (white american anglo-saxon protestants) proches de l'électorat républicain. Nul ne s'étonnera que Homer Simpson (représentant de la bofitude américaine) se voit initier dans la société des "tailleurs de pierre" au cours de cet épisode d'anthologie : Homer le Grand.
A force d'être entendue comme une force conservatrice, la franc-maçonnerie a été rejetée par les élites intellectuelles du pays et la classe moyenne. Ségrégationniste durant de la ségrégation, patriotique à l'extrême quand cette valeur s'effondra dans l'opinion populaire, communautariste alors  que le communautarisme était décriée par une élite bien pensante, la vieille confrérie fut en décalage avec les générations ou absente de ses combats. Reprise par la subculture, décriée par les pontes de la théorie du complot, dogmatique à son paroxysme, la franc-maçonnerie américaine ne pèse plus lourd dans le débat d'opinion et encore moins sur les consciences.
Lorsque l'on parle de l'avenir de la franc-maçonnerie américaine, un comparatif s'impose avec la franc-maçonnerie "européenne". Jamais dans l'histoire, le nombre de frères et de soeurs n'a croît à ce point dans le vieux continent. Ce n'est pas le fait d'une facilité "libérale" (comme on peut l'entendre dire) mais bien d'un regain d'intérêts pour l'Ordre. Si l'on estime que le XXIe siècle est une période qui marque l'essoufflement de la franc-maçonnerie dans la vie politique européenne, il n'en demeure pas moins qu'elle s'illustre encore comme une école de pensée, un laboratoire d'idées incomparable. Evidemment, on peut le contester, l'amoindrir ou le nier mais, en parallèle, le cousin d'Amérique se réduit doucement à peu de chagrin alors qu'il abandonne doucement la société qu'il a lourdement bâti. Les efforts de recrutement entrepris sont, souvent, au détriment du symbolisme et de la démarche initiatique en soi. Ainsi, il possible dans certaines grandes loges américaines de devenir maître en un jour ! Démentiel ? Non, tout simplement un signe de détresse dans un Ordre qui n'a que deux choix : se transformer pour mieux convenir à la société qui est la sienne ou renouer avec des valeurs (tolérance, fraternité, liberté) et la démarche initiatique qu'il a - somme toute - oublié.  
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