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05.02.2007

L'initiation

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Il n'y avait pas meilleur moyen d'inaugurer cette catégorie sur les sociétés initiatiques que d'écrire un article sur leur similarité en l'initiation.

"Initier" provient étymologiquement du verbe  latin initiare, c'est-à-dire commencer. Sémantiquement, une initiation est l'action d'un commencement. Ceci suppose irrémédiablement une séparation entre ce qui fut et ce qui adviendra. Évidemment, le sens originel de ce terme va devenir dans le langage commun l'acte de réception d'un savoir.

Pourtant, l'initiation suppose cette distinction entre l'être accompli et l'être inaccompli, entre l'être ignorant et l'être savant. Ainsi, elle est la scission, le passage, entre deux états.
Le premier état est constitué. Il définit l'être en soi que l'on peut qualifier d'étant. En cela, l'individu demeure tel qu'il est. C'est-à-dire qu'il s'incarne dans tout ce que son état peut comporter en son essence matérielle. Mais également dans son essence spirituelle, ses sentiments, ses connaissances.      
Le second état est advenant. Il suppose que l'étant se sublime dans l'Etre. Sans renier sa propre nature, il dépasse son statut existant pour acquérir une dimension en élévation. Autrement dit, l'étant passe d'une sphère d'incarnation à une une sphère d'Etre désincarnée, un "au-delà".
Ainsi, on peut dire de l'initiation qu'elle est la préparation entre ces deux états. Elle marque autant la disparition de l'un que l'avènement de l'autre.

La pratique initiatique existe depuis la nuit des temps et dans toutes les sociétés humaines. Mircea Eliade (Traité d'histoire des religions) l'a démontré dans les civilisations polynésiennes mais des exemples plus proches de notre civilisation existent. Vu l'orientation de ce blog, je prendrai trois exemples significatifs chez les esséniens et dans la franc-maçonnerie.
Dans l'Ecrit de Damas et dans les Manuscrits de la Mer Morte, la pratique initiatique est explicitement mentionnée. Elle demandait au "candidat" de se délier de sa situation initiale en effectuant des épreuves (dont l'étude de la Torah pendant un an). Apte à être initié et "éprouver" comme il se doit, il prêtait un serment sur l'Alliance sur laquelle il jurait de ne pas dévoiler les secrets de la Règle. Reçu parmi les membres de la communauté, le novice sera amené à évoluer constamment. Par ailleurs, les textes insistent entre la rupture du monde "profane" avec la sainteté des "Fils de la Lumière".
A la différence du contexte religieux des esséniens, le rite d'initiation dans la franc-maçonnerie suppose également des épreuves appelées "voyages". Comme l'exilé qui est amené à partir sur les routes, l'individu se sépare de ce qu'il fut dans la terre de ses certitudes : matériellement par le dépouillement des métaux et sa vêture "ni nu, ni vêtu" ; spirituellement lorsqu'il meurt symboliquement dans le cabinet de réflexion. Les trois voyages qui suivent cet étape figurent  la mort de l'étant, la purification dans la désincarnation puis l'élévation dans l'Etre, à la lumière. A l'instar des esséniens, l'initié prête serment et s'engage à ne pas divulguer les secrets de l'ordre. Cela car l'initiation est, certes, un (nouveau) commencement mais aussi la réception d'un savoir particulier.

L'initiation est une pratique civilisationnelle, graduelle et surtout généralisée à toutes les étapes de la vie. Ce qui distingue une initiation en soi d'une société initiatique demeure sur ce renouveau suscité et le cadre dans où il se pratique. On ne serait comprendre leur spiritualité, leur philosophie, sans comprendre le fondement de celles-ci : l'initiation.   

Pour poursuive l'étude :

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